Réagir officiellement contre la fameuse affiche électorale du front national est une position des plus normales puisqu’il s’agit d’un usage raciste du drapeau national Algérien. Le Pen c’est connu «adore les arabes …chez eux». La boucle est bouclée et le gouvernement français, celui de la France de tous, trouve que la réaction du gouvernement Algérien est légitime. Rien que cela. Le drame en France c’est que Le Pen n’est pas seulement ce triste personnage à la limite de la folie, qui trouve preneur des idées qu’il véhicule. C’est un phénomène qui habite l’inconscient et qui est arrivé à se faire traduire à gauche comme à droite, jusque y compris chez ses ennemis naturels les juifs. Dernière traduction one live sur un plateau de télévision, la réaction d’Eric Zemmour, pris par les sentiments qui l’ont toujours animé, déclare convaincu, «la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes, c'est un fait». C’est un fait, effectivement puisque les trafics et les trafiquants proviennent d’une stratégie de lutte contre l’exclusion. Quand on n’a pas la chance de naître en Seine-Saint Denis et que la froideur du béton de banlieue vous pique les os, on n’a pas d’autre choix que celui de trafiquer dans une société qui marginalise encore par le délit de faciès. En fait de faciès on pourrait même souvent se tromper sur Eric Zemmour et très peu sur certains enfants issus de l’immigration. Les clichés étant faciles pour justifier l’injustifiable, ce fils d’ambulancier sépharade installé en France durant la guerre d’Algérie, aurait certes mieux soigné son langage si des associations d’arabes et de noirs étaient un peu plus présentes sur la scène associative et politique en France. Rien d’étonnant depuis l’épisode de la «racaille» qui a permis à Sarkozy de briguer l’Elysée. En France on veut de plus en plus casser de l’arabe et du noir pour réussir son coup. C’est une mode. Mais en fait de trafic et de trafiquants on n’a jamais entendu Zemmour se prononcer sur les causes de la faillite financière des banques, dans son nouveau pays, la France. Ni d’ailleurs sur le secret bancaire suisse. Les gros trafics et les trafiquants sérieux en col blanc se trouvent précisément dans les espaces que Monsieur Zemmour ne peut critiquer par solidarité communautaire. Pour un analyste, chroniqueur et même polémiste à ses moments perdus, il y a du boulot.