L’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Yazid Zerhouni, a avoué qu’il ne connaissait pas les raisons de son départ du ministère pour être dirigé vers la présidence. Et pourtant, le ministre Zerhouni est un «poids lourd» de la politique et il pèse au sein du sérail. Il laisse entendre qu’il aurait demandé des explications sur ce changement sauf que cela est resté sans suite. Faut-il s’étonner? Non, car nous sommes habitués à ce que l’on ne communique pas sur certaines affaires, qui, pour les hauts responsables, seraient seulement banales. A chaque remaniement ministériel, nous sommes habitués à ce que l’on ne nous dise pas pourquoi un tel ministre a été remercié, rappelé à d’autres fonctions ou muté à un autre poste? On ne nous dit pas les objectifs du gouvernement et la tâche principale de chaque ministère. On ne « détaille » jamais les objectifs à atteindre surtout ceux à court terme et à moyen terme. En Occident, le remaniement de chaque gouvernement est synonyme de la fin, d’un malaise politique, d’un immobilisme et surtout de lancement de réformes. Chez nous, on ne sait rien du tout et même si le gouvernement fait sa déclaration politique devant le Parlement, ce dernier n’irait jamais à toucher le problème et/ou les problèmes du doigt. Chez nous, le chef du gouvernement ne se voit pas obligé de donner au moins les grandes lignes de son bilan tout en nous parlant, même à demi mot, des raisons de son échec. Nous ne disposons pas d’une telle culture. Pire, la déclaration des ministres remerciés n’est jamais rendue publique. C’est dire que nous ne respectons pas une certaine tradition politique. La Démocratie n’est pas seulement des lois mais des actes et des pratiques. Mais c’est notre Démocratie sans pour autant communiquer !