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Le Carrefour D'algérie

Soug ennsa

Par M. Mahdia

Une longue histoire d’eau  

L’histoire entre la femme algérienne et l’eau est une longue histoire. Les algériennes ont puisé l’eau dans les rivières, puis dans les puits, puis dans les sources et, enfin, dans les citernes. A chaque époque, la femme algérienne avait droit à sa solution pour garder l’eau. La Guerba, le fût d’essence lavé et soigné, le Jerrican des années 80/90. L’histoire ne s’arrête pas là, cependant. Ni pour la femme, ni pour l’eau. Depuis les années 90, la mode est revenue avec la mode des réservoirs dans les balcons des cités HLM, puis des réservoirs sur les toits des immeubles, des bâches d’eau dans les villas, et des réservoirs collectifs pour les dernières nouvelles cités. L’algérienne peut vous illustrer le progrès du pays par les techniques de l’eau, plus qu’avec des statistiques officielles ou des discours politiques. Plus l’homme maîtrise l’hiver, plus son pays est dit avancé et développé. Plus une femme maîtrise l’épargne de l’eau, plus sa cuisine est propre, ses enfants aussi et son humeur meilleurs. Cependant, si les jarres d’autrefois servent à décorer les musées et les salons, les jerricans ont encore leur rôle domestique. Ils servent à «puiser» l’eau douce, le fameux «M’a H’lou» des vendeurs à la criée, à stocker l’eau de javel ou à prévenir les coupures d’eau. Car les algériennes savent faire confiance au progrès mais pas à l’entreprise des eaux en Algérie. Dans toutes les cuisines du pays, il y a sûrement un jerrican ou deux en attente. Pour les mauvais jours. Les jours sans.